Je suis candidate à la Mairie de Paris

Jeudi 14 février 2013 à 22:31 2 commentaires

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Chers Amis,

Comme vous le savez, j’ai décidé de présenter ma candidature à la grande primaire ouverte qui sera organisée par l’UMP à Paris.

Pour la première fois dans l’histoire de notre capitale, les Parisiens vont pouvoir choisir leur candidat à l’élection municipale : c’est un moment historique pour démontrer la vitalité de notre mouvement.

C’est une décision lourde, dont je mesure toute la portée. C’est donc avec toute mon énergie que j’entends m’engager au service des Parisiens, au côté de celles et ceux qui veulent comme moi offrir une alternative à notre capitale.

Paris a toujours été à l’avant-garde de notre histoire collective. Ses plus belles pages ne sont pas encore toutes écrites, les prochaines le seront avec et pour les Parisiens.

Je vous donne rendez-vous aujourd’hui même à 17h30 pour un café politique chez “La petite Louise”, 54 Rue du Château d’Eau, dans le 10e arrondissement de Paris, pour nous retrouver et donner ensemble le signal du départ de ce nouvel engagement.

Je compte sur vous, vous pouvez compter sur moi.

Rendez-vous sur mon site de campagne : www.nkmparis.fr

NKM

Participez au forum Education de la France droite

Jeudi 14 février 2013 à 00:36 Aucun commentaire

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Sous le titre de « refondation », c’est en réalité à une restauration de l’École des années 80 que Vincent Peillon prépare notre éducation nationale. Le projet de loi annoncé reprend les principes qui sont pourtant à l’origine des difficultés que l’École connaît aujourd’hui. Il y a des priorités éducatives plus urgentes.

Plutôt que de multiplier en vain les embauches ou d’invoquer une « morale laïque » d’un autre âge, faisons preuve d’audace avec des mesures concrètes. Inspirons-nous du meilleur de notre tradition d’enseignement. Inspirons-nous de ce qui se fait aujourd’hui de mieux, tant dans nos propres établissements qu’à l’étranger.

C’est à cette démarche de réflexion commune que je vous invite aujourd’hui. Faites vos propositions dès maintenant sur ce forum. Nous en débattrons ici, entre adhérents de la France droite, avant d’en débattre avec les Français.

Question au Gouvernement sur les rythmes scolaires

Mardi 12 février 2013 à 15:39 2 commentaires

Ma question s’adresse au ministre de l’éducation nationale. Monsieur le ministre, avec votre réforme des rythmes scolaires, vous avez réussi à faire l’unanimité contre vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) Pourtant, c’était la réforme qu’on ne devait pas rater, puisque c’est la capacité d’apprentissage et la santé de nos enfants qui sont en jeu. C’était la réforme qu’on ne pouvait pas rater, puisque le constat est largement partagé que les journées des écoliers sont trop chargées. Oui, mais voilà : d’un constat partagé vous êtes passé directement à une réforme imposée sans concertation.

Aujourd’hui les enseignants sont dans la rue, et vous leur proposez une prime pour les amadouer. Les parents d’élèves sont désorientés ; ils ne comprennent pas pourquoi, au lieu d’alléger les journées, vous alourdissez la semaine et vous la désorganisez. Mais vous leur répondez : je continue ! Enfin, l’immense majorité des maires, de gauche comme de droite, vous alertent sur les difficultés de mise en œuvre de votre réforme. Mais vous leur dites : débrouillez-vous !

Monsieur le ministre, quand accepterez-vous l’idée qu’on a rarement raison tout seul ? Quand réfrénerez-vous votre penchant immodéré pour l’idéologie, qui n’a rien à faire avec le calendrier scolaire ? Quand enfin retirerez-vous cette réforme, pour laisser le temps à la concertation et à l’étude d’autres solutions, comme celle qui consisterait, par exemple, à raccourcir les vacances d’été ?

(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale.

M. Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale. Madame la députée Nathalie Kosciusko-Morizet, je voudrais tout d’abord que vous montriez plus de considération pour l’ensemble des élus et de ceux qui vont passer, en septembre 2013, à la semaine de quatre jours et demi. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.) Je voudrais également que vous ayez un peu plus de considération pour vous-même, puisque, par cette réforme, nous ne faisons qu’appliquer une de vos préconisations. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

M. Vincent Peillon, ministre. Après avoir soutenu un gouvernement qui a supprimé quatre-vingt mille emplois dans l’éducation nationale, qui est passé, contre toutes les recommandations, à la semaine de quatre jours et qui a fait disparaître la formation des enseignants, vous vous êtes rendu compte de votre erreur et vous avez préconisé d’en finir avec l’exception française pour revenir à la semaine de quatre jours et demi. C’est ce que nous faisons.

Après des mois de concertation avec l’ensemble des associations d’élus et les syndicats (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), nous entamons une concertation très ouverte sur le terrain, pour choisir entre la pause méridienne et la pause du soir, entre le mercredi et le samedi (Mêmes mouvements), et entre différents types d’activités, ce qui répond aux demandes qui nous ont été adressées.

C’est la première fois qu’on vous entend parler d’école, madame. Vous essayez d’instrumentaliser ce débat pour une raison simple, c’est que vous êtes candidate à la mairie de Paris. (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP.) Ce mouvement social ne vous sert pas à défendre l’intérêt des enfants, mais votre intérêt personnel ! Ce n’est pas faire honneur au débat démocratique.

Chère Christiane.

Dimanche 10 février 2013 à 13:38 39 commentaires

J’aurais mille fois fois préféré que cette “adresse” que vous me faites sur votre blog, et qui se veut personnelle et tout à la fois terriblement publique, mélangeant ainsi à l’infini les genres, les discours et les manoeuvres, me soit parvenue à mon seul usage.

J’ai à votre endroit amitié et respect. Ce qui appelle retenue et discrétion. Mais vous choisissez plutôt le dazibao.

Je m’exprime, depuis son apparition à l’horizon de nos préoccupations politiques, sur le sujet dont les médias et le gouvernement vous font aujourd’hui un habit d’icône. Ma position n’a pas changé. Mesurée. Equilibrée. Réfléchie. Comme vous, j’aurai échangé avec les plus hardis porteurs du projet. Plus que vous, j’aurai discuté avec les plus fermes de ses opposants. Et j’ai ouvert sur ce sujet une dialectique à laquelle je tiens, que j’affirme et qui rencontre la compréhension et le soutien des silencieux, ceux dont personne ne parle mais qui font l’âme de notre pays.

C’est pourquoi sur ce projet que vous avez baptisé “Mariage pour tous”, je m’abstiendrai. Aucune mollesse, pas de tergiversations. Je ne suis pas dans le “ni ni”. J’en appelle ici, simplement et fortement, à l’union, au pacte partagé entre tous les Français sur une cause qui est de société et qui vibre pour chacun dans un espace intime.

Votre gouvernement n’a ouvert aucun débat sérieux avant de présenter son projet de loi au bureau de l’Assemblée Nationale, a réagi avec un dédain surprenant à la manifestation du 13 janvier et déclare urbi et orbi que de toute façon, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, ce texte-là est déjà voté, fort de sa majorité.

En vérité, s’ouvre un bien curieux paradoxe : tout est fait pour diviser, ce qui ne vous ressemble guère. Tout divise et voilà que par le hasard et le talent de votre verbe vous êtes érigée en mère de cette transformation aux conséquences encore inconnues.

Je suis c’est vrai plus prudente. Je ne refuse aucun droit aux couples homosexuels. Je pose une limite aux frontières de l’excès, cette zone où vous vous êtes engouffrée, je veux le croire par mégarde. Je dis que tous les problèmes du quotidien peuvent se résoudre avec le mariage et l’adoption simple. L’adoption plénière n’est pas ici utile, sauf à ouvrir la voie vers la PMA et la GPA que vous n’assumez pas. Ou alors dites-le. Sur ces deux sujets le gouvernement noie dans la confusion les divisions de sa majorité.

La voie qui conduit à la libération des femmes est longue et difficile, nous le savons toutes deux. On y rencontre quelques pièges. Ceux qui nous sont tendus par notre bonne conscience ne sont pas les moins redoutables. Un jour, on réclamera la GPA au nom de l’égalité entre les couples féminins et les couples masculins. Ce jour là, c’est au nom de l’égalité entre les sexes, qu’on revendiquera ce qui sera une grande régression pour la femme. Et ceci, nous pouvions l’éviter avec une loi plus mesurée, qui aurait organisé l’adoption simple et non plénière, fermant ainsi clairement la porte à la PMA et la GPA.

Bien à vous,

NKM

Mariage pour tous : une abstention engagée pour l’union, contre l’ouverture à la PMA et à la GPA

Lundi 4 février 2013 à 21:24 23 commentaires

Vendredi en fin d’après-midi, on discutait dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale de mon amendement au projet de loi sur le mariage, portant sur l’alliance civile. Le temps imparti pour défendre cet amendement ne m’a pas permis d’exposer ma position et mes convictions sur ce sujet. Voici donc, sur ce blog, ce que j’aurais voulu dire dans l’hémicycle.

Le PACS a beaucoup évolué ces dernières années. D’un simple outil juridique aménageant la vie commune qu’il était à sa création, il est devenu, sous la précédente mandature, un contrat plus complet et dont les conditions se sont progressivement rapprochées du mariage. Cela a été, dès 2007, l’alignement des droits de mutation sur ceux des couples mariés, puis les facilités de transmission d’entreprises entre partenaires d’un PACS, le règlement des conflits liés à un PACS devant le Juge aux Affaires Familiales et plus le Tribunal Administratif dès 2010, et enfin la possibilité de signer son PACS chez un notaire plutôt qu’au greffe du tribunal.

Pour autant, il lui manque toujours deux dimensions fondamentales pour répondre aux aspirations de nombreux couples homosexuels: une célébration solennelle, et des obligations extra-patrimoniales, et qui se prolongent comme pour le mariage au-delà de la dissolution du contrat. La pension de réversion est de celle-la.

C’était le sens de ma proposition d’alliance civile, qui n’a pas été votée. Un mariage, sans l’adoption, sujet sur lequel je reviendrai. On a fait trois critiques à cette proposition :

1 – “Pourquoi vous ne l’avez pas fait plus tôt ?”

Critique 100% légitime, je suis de ceux qui considèrent que c’est une erreur, et ce d’autant plus que nous avons apporté de nombreuses avancées au PACS qui du coup s’en trouvent injustement oubliées. Comme si rien n’avait été fait, ce qui est faux. Mais la critique reste entière.

2 – “Une institution seulement pour les couples homosexuels, c’est anticonstitutionnel et discriminatoire.”

Il y a eu un débat pour savoir s’il était plus solide juridiquement de créer un nouveau régime pour les seuls couples de même sexe, ou pour tous. Il était des constitutionnalistes pour condamner l’un, et d’autres pour condamner l’autre. Sans être constitutionnaliste, il me semble qu’on aurait pu ouvrir une telle institution à tous les couples, quoiqu’elle ne présente pas d’intérêt pour les couples hétérosexuels, étant la même chose que le mariage sans l’adoption. Ceci dit, alors qu’en Commission des Lois la Garde des Sceaux m’opposait cet argument, je lui ai proposé d’amender en ce sens et d’ouvrir l’alliance civile à tous, elle m’a paru gênée et m’a finalement dit que cela ne changerait rien. Donc ce n’était pas le problème.

Et pour ce qui est de la discrimination, il faut quand même savoir que les couples qui se marieront auront désormais des livrets de famille différents, selon qu’ils sont de même sexe ou de sexe différent.

3 – “Et pourquoi ne pas l’appeler mariage ?”

Pourquoi pas en effet, j’y suis favorable d’ailleurs, au motif que ce que ce terme évoque avant tout, c’est une union publique, et pour la vie. En ce sens, elle ne doit pas être réservée aux seuls couples hétérosexuels. J’y suis favorable, mais sous la réserve qu’on trouve à distinguer les situations par rapport à l’adoption. Or dans le droit Français le mariage entraîne la possibilité d’adoption et notamment d’adoption plénière.

Les enfants, justement. En fait, sur la partie mariage, si le gouvernement avait séparé les choses d’avec l’adoption, j’aurais volontiers voté le texte. En proposant pour résoudre les problèmes posés aux familles homosexuelles – car c’est une réalité que l’existence de nombreux enfants élevés par des parents de même sexe -, de nous inspirer  par exemple du système allemand. En effet, aujourd’hui, ces familles sont confrontées à deux types de problèmes, dans l’organisation de la vie quotidienne, et pour protéger les enfants en cas de décès d’un des deux parents. Face à ces problèmes concrets, on peut imaginer trois solutions :

1 – l’aménagement du droit existant, avec la possibilité de mettre en place une délégation d’autorité parentale sur simple déclaration, sans passer par un jugement, ou encore la tutelle testamentaire, en cas de décès.

2 – la solution allemande : l’adoption simple de l’enfant du conjoint, sous réserve que l’autre parent, s’il est connu, ait renoncé de son côté à l’autorité parentale (familles recomposées)

3 – la loi Taubira: la possibilité d’adoption plénière.

Je suis absolument convaincue que la troisième voie conduit tout droit à la PMA et la GPA. Une logique implacable lie la possibilité d’adoption plénière, c’est-à-dire avec effacement des origines, à la PMA et la GPA. Je suis là-dessus d’accord avec plusieurs députés verts qui se sont exprimés, même si je n’en tire pas les mêmes conclusions !

Car dès lors qu’on gomme l’origine, on accepte la fiction d’une filiation exclusivement de deux hommes ou deux femmes. PMA et GPA sont bien liées, car je ne vois pas au nom de quoi on refusera la GPA aux couples d’hommes, qui la réclameront au nom de l’égalité des droits avec les couples de femmes qui auront recours à la PMA.

Et pour résoudre les problèmes réels qui se posent aujourd’hui, sans s’aventurer dans cette voie, la délégation d’autorité parentale ou l’adoption simple suffisent. Personnellement, la deuxième solution aurait ma faveur, car je la trouve plus simple, même si je sais que je ne serais pas majoritaire dans ma famille politique sur cette option.

Voilà ce que j’aurais dit, donc, si le débat avait pu être organisé par l’actuelle majorité autrement qu’au son du clairon. Je reste persuadée que sur un sujet de société comme celui-ci, notre responsabilité est de chercher à rassembler. Ayant regardé de près tous les modèles européens, celui que je défends ici me paraît le plus à même de répondre aux problèmes concrets d’aujourd’hui, sans en créer de plus grands pour demain pour les enfants nés sous X ou d’une FIV.

Est-il urgent, avec l’adoption plénière qui gomme l’acte de naissance, avec la fiction d’une origine biologiquement impossible, d’aller plus loin dans une voie que nous savons problématique ?

Pour toutes ces raisons, et si le gouvernement ne ferme pas clairement et définitivement la voie à la PMA et la GPA, par exemple en y renonçant publiquement et en s’en tenant à l’adoption simple, je m’abstiendrai sur ce texte.

Ce sera une abstention engagée.

Engagée pour l’union, que je n’aurais pas vu d’inconvénient à appeler mariage, si elle était sans lien avec l’adoption plénière. Engagée aussi pour que cette Loi ne soit pas la porte ouverte à la PMA et la GPA.

Intervention en discussion générale sur le mariage pour tous

Jeudi 31 janvier 2013 à 10:36 10 commentaires

Monsieur le président de l’Assemblée nationale,

Monsieur le président de la commission,

Mesdames les ministres,

Mesdames et messieurs les députés, chers collègues,

Il ne s’agit pas ici d’être moderne ou ancien, progressiste ou réactionnaire. Il s’agit de répondre concrètement aux aspirations de couples de même sexe, sans nier l’attachement de nombreux Français à l’institution du mariage comme union d’un homme et d’une femme dans le but de fonder une famille. Il s’agit d’y répondre sans dogmatisme, sans hypocrisie, sans idéologie.

Deux sujets sont imbriqués dans ce texte : l’union d’abord, la place des enfants ensuite. Maire d’une ville, comme nombre d’entre vous, je célèbre des mariages, je rencontre les futurs époux et je partage leur projet de vie. Élue locale, je rencontre aussi des couples homosexuels qui me parlent avec la même détermination de leur volonté de s’investir dans un projet commun, et de le voir reconnu par la République.

Cette aspiration est légitime : nous devons aux couples de même sexe la pleine reconnaissance de leur union.

Le PACS fut une première réponse. Il a offert aux couples de même sexe un cadre de vie commune, des droits et l’obligation de soutien entre contractants. Nous avons voulu, au cours de la précédente législature, le renforcer. Pour cela, nous avons étendu les droits des pacsés, en les rapprochant des droits des couples mariés. Cela s’est traduit en 2007 par la suppression des droits de transmission lors du décès d’un des deux partenaires d’un PACS. En 2008, la loi de modernisation de l’économie a ouvert la possibilité de transmettre son entreprise entre partenaires d’un PACS. En 2010 et en 2011, c’est la possibilité de régler les différends non plus devant le juge administratif mais devant le juge aux affaires familial qui a été ouverte, ainsi que celle de signer son PACS non plus au greffe du tribunal, mais chez le notaire.

Personne ne demande aujourd’hui de revenir sur ce contrat, mais beaucoup le jugent insuffisant. Sa célébration ne serait pas assez solennelle, et il aurait un caractère trop strictement patrimonial, alors même que l’on attend des engagements extra-patrimoniaux. C’est le sens de la proposition d’alliance civile que j’ai présentée avec Daniel Fasquelle, Axel Poniatowski et de nombreux autres collègues.

L’alliance civile donne aux couples de même sexe les mêmes droits que le mariage, sans l’adoption.

C’est la reconnaissance publique et solennelle, à la mairie, de leur union. Ce n’est pas seulement un contrat comme le PACS, mais une institution républicaine, non pas en dessous du mariage, comme le PACS, mais à côté du mariage. L’alliance civile confère les mêmes droits, la même reconnaissance de l’union, mais sans bousculer les conditions de la filiation.

Je crois encore que cette proposition peut rassembler. Elle rassemble déjà 125 députés. Certains d’entre eux ont annoncé qu’ils voteraient votre texte, d’autres qu’ils ne le voteraient pas, mais tous considèrent qu’une autre réponse existe.

J’affirme donc clairement être favorable à l’union des couples de même sexe.

Parlons des enfants, à présent. En l’état actuel du code civil, étendre le droit au mariage aux couples homosexuels sans autre aménagement entraînerait automatiquement la reconnaissance d’un droit à l’adoption conjointe, à l’adoption plénière. Dès lors qu’il lie union, parentalité et filiation, ce projet de loi dépasse la seule question d’une meilleure reconnaissance de l’union homosexuelle.

Ce projet de loi aurait mérité, mes chers collègues, que l’on recherche le consensus, comme nous l’avons fait à propos d’un autre sujet de société, avec la loi Leonetti. Il aurait mérité un large débat avec les Français : je regrette que le Gouvernement et la majorité n’aient pas choisi de l’organiser sérieusement.

Du coup, ce débat s’est installé de fait, dans la douleur, augmentant les tensions et renforçant les clivages. Il a divisé une société en attente d’apaisement.

Beaucoup de questions auraient pu être posées, comme celles de l’accompagnement des recompositions familiales, de la sécurisation des parcours de vie de plus en plus complexes des enfants, et du statut des beaux-parents. Surtout, comment répondre au besoin de connaissance de ses origines ? Je m’attarderai un instant sur ce point. Pour beaucoup d’entre nous, en effet, la réponse à la question de savoir d’où l’on vient est évidente. Nous savons qui sont notre père et notre mère. Mais l’expérience des enfants nés sous X, ou issus d’une fécondation in vitro, en quête de leurs origines, doit nous instruire. Nous sommes déjà confrontés à leurs interrogations, à leurs inquiétudes, à leurs souffrances. Je connais, comme vous, de ces adolescents ou de ces adultes qui ressentent comme une plaie ouverte, quel que soit par ailleurs l’amour qu’ils ont reçu de leur famille, la recherche de leurs origines. Le législateur est régulièrement sollicité sur la levée de l’anonymat.

La procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe et la gestation pour autrui nous entraînent toujours plus loin sur cette voie. Ces techniques sont pourtant inscrites en filigrane dans ce projet de loi, et même imprimées noir sur blanc, dans la circulaire que vous avez signée la semaine dernière. Elles sont, je le crois, la suite logique de ce texte.

Le projet de loi sur la famille que vous annoncez nous donnera peut-être l’occasion d’échanger sur le sujet de la quête des origines. On voit combien ce débat complexe aurait dû être mené au préalable, avant la discussion du projet qui nous est présenté aujourd’hui. Car la question n’est pas celle de la capacité des couples homosexuels à élever des enfants. Bien des couples de même sexe élèvent aujourd’hui, de fait, des enfants dans des conditions qui n’ont rien à envier à certains couples hétérosexuels.

Mais le sujet de la protection de l’enfant est plus large, et aurait mérité une réponse plus équilibrée. Je crois personnellement en la réponse allemande, qui ne permet pas l’adoption conjointe par les couples de même sexe, mais qui autorise l’adoption simple d’un enfant biologique par l’autre partenaire, dès lors que l’autre parent biologique accepte de renoncer à son autorité parentale. Cette solution respecte à la fois le besoin de connaissance de ses origines, et la reconnaissance du nouveau lien créé dans le cadre d’une recomposition de la famille. C’est une base de discussion adaptée et protectrice pour l’enfant.

Chers collègues, ce texte part bien, mais finit mal. Il part avec les meilleures intentions du monde : reconnaître, apaiser et régler des situations de souffrance. Il débouche sur des incertitudes identitaires en rapport avec la filiation qui peuvent créer d’autres souffrances. Surtout, le Gouvernement n’a rien fait – au contraire ! – pour apaiser les tensions. Il sème, en fin de compte, les ferments de la division dans la société française.

Mesdames les ministres, mesdames et messieurs les députés, il est encore temps de trouver la voie du rassemblement des Français, d’un rassemblement qui tienne compte de toutes les réalités de notre société. Je proposerai donc, avec d’autres collègues, des amendements en ce sens. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

La réforme Peillon des rythmes scolaires cumule tous les inconvénients des différents systèmes.

Mardi 22 janvier 2013 à 18:28 6 commentaires

Pour défendre sa réforme des rythmes scolaires, Vincent Peillon et les soutiens du gouvernement mettent en avant un argument : l’intérêt de l’enfant. C’est l’arme fatale, l’argument définitif : qui pourrait s’y opposer?

Et pourtant, à y regarder de près, tout n’est pas si simple. Oui, assurément, les journées des écoliers Français sont trop longues et surtout trop denses. Ceci est largement confirmé par tous les spécialistes, et souvent par l’expérience des parents et des professeurs.

Mais la réforme de Peillon va-t-elle arranger les choses ? Pas si sûr. En lisant à travers les lignes d’un projet de décret bien flou, on comprend que les journées resteront aussi longues. Dans la plupart des communes, elles finiront toujours à 16h30. La grande nouveauté, c’est qu’elles verront vraisemblablement la dernière heure consacrée à des animations culturelles et sportives, dans des conditions encore confuses. Et que les heures d’enseignement correspondantes seront reportées au mercredi matin, ou au samedi matin si l’académie finit par l’accepter.

Résumons nous :
- des journées toujours aussi longues pour les enfants, et une demi journée en plus. On prétendait alléger la semaine, on l’alourdit, au lieu d’explorer la piste d’un raccourcissement des grandes vacances. Nous avons les grandes vacances parmi les plus longues. Mais au fait, pourquoi n’en parle-t-on plus ?
- un enseignement souvent remplacé pour la dernière heure du jour par des animations aux contours mal définis, qui laisseront probablement place à une grande diversité, pour ne pas dire une grande inégalité, en fonction des moyens des communes.
- des communes, justement, dont les services vont se trouver désorganisés, et les budgets alourdis, de 10 a 20% selon les évaluations. Pas une paille, surtout en période de crise. Les 250 millions d’euros annoncés par le gouvernement, selon des critères encore incertains, ne couvrent de toutes façons qu’une part mineure du coût, et seulement pour une période transitoire.

Au final les enfants risquent d’être aussi fatigués, cela va coûter plus cher, et les inégalités entre les établissements pourraient se creuser. La réforme Peillon, mal préparée, imposée dans la précipitation et mise en œuvre à marche forcée, cumule les inconvénients des différents systèmes.

Soutenir les salariés d’Alcatel-Lucent

Mardi 22 janvier 2013 à 18:15 Aucun commentaire

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Chaque mois, la publication des chiffres du chômage sonne comme une alerte pour le gouvernement. Avec plus de 240 000 demandeurs d’emploi de plus en 8 mois, l’année 2012 fut dramatique sur le front de l’emploi. Comme députée de la circonscription, Nathalie Kosciusko-Morizet intervient auprès des entreprises en difficulté pour apporter des solutions concrètes.

Vendredi 18 janvier, à l’invitation de l’Intersyndicale du site Alcatel-Lucent de Nozay, elle a pris la parole devant plus de 300 salariés pour échanger sur la situation de l’entreprise et proposer des voies de sortie. Alors qu’Alcatel était il y a une dizaine d’années un leader mondial qui peut porter aujourd’hui le rebond industriel de la France, l’entreprise est menacée et va de plan social en plan social. À tel point qu’elle a été contrainte de contracter un prêt auprès de Goldman Sachs, qui fait craindre aux salariés une dépossession de ses brevets (plus de 29 000 !) si l’entreprise ne parvenait plus à rembourser.

Cette mine de brevets, développés notamment dans notre circonscription, concerne des secteurs d’avenir comme la téléphonie avec les réseaux de 4e génération, la reconnaissance vocale ou encore la diffusion d’informations par fibre optique. 5 000 emplois Si le site de Nozay-Villarceaux va par chance accueillir les salariés du site de Vélizy, en faisant ainsi le premier centre de recherche Alcatel-Lucent en Europe avec plus de 5 000 salariés, l’entreprise connaît de très fortes pertes de marché.

En demandant le déblocage du soutien du Gouvernement pour le déploiement de la fibre optique, la réunion immédiate de la filière numérique pour des décisions d’ici mi-février et un partenariat franco-allemand renforcé, Nathalie Kosciusko- Morizet est aux côtés des salariés et suit le dossier avec grande attention. Début novembre, elle a demandé à être reçue avec des représentants du personnel par le Ministre du Redressement productif, sans succès jusqu’à présent.